Je commencerai par vous dire ce que je n'ai pas pu dire le 23 juin dernier à cause de l'émotion qui m'avait coupé le souffle et la parole. Merci pour la confiance que vous m'avez manifestée en me demandant d'être le capitaine du bateau sma Province de Lyon pendant 6 ans. A vrai dire, ce n'est pas un cadeau que vous m'avez fait. Nous le savons tous que ce n'est pas la place la plus confortable que l'on puisse offrir à un confrère. Mais ce que j'apprécie c'est la confiance que vous avez ainsi montrée. Cela m'a fait chaud au cœur, et je peux dire aussi que toute ma famille est touchée par cette confiance que vous avez accordée à l'un des leurs. Je me sens bien petit devant la tâche à accomplir. Mais je vais prendre un grand exemple : un confrère m'a rappelé ces jours-ci que le brave pape Jean XXIII disait que ce n'était pas lui qui dirigeait l'Eglise. Comme lui, je fais donc confiance au Saint-Esprit. Je m'engage à faire le maximum pour que l'ensemble des confrères soient heureux de vivre et qu'ils puissent apporter leur part à la Mission de l'Eglise. Mais je vous demande d'être indulgent pour les erreurs que je ne manquerai pas de faire.
Merci aussi pour le Conseil que vous m'avez choisi. Il était clair pour tous qu'il fallait une équipe et une équipe capable de travailler dans l'unité. Votre choix tient compte de cette exigence. J'ai l'exemple de l'équipe précédente dans laquelle j'ai vécu heureux, principalement à cause de cette cohésion dans le travail. Je souhaite que la nouvelle équipe puisse suivre le même chemin. Je dis un grand merci à Gaby, à Christian et à Yvon d'avoir accepté de venir travailler avec moi pour l'animation de la Province. Ce n'est pas facile d'accepter une telle charge, et je pense particulièrement à l'Eglise du Niger à qui nous avons pris un élément important de ses effectifs.
Il y a trois semaines, nous arrivions ici, heureux de nous retrouver. Une question était dans la tête de tous : que sera cette XIIIe Assemblée ? Aujourd'hui, nous sommes en mesure de répondre à cette question.
Il y avait un danger, c'était celui de dire : nous sommes vieillissant, nous n'avons plus de force, il nous faut organiser la fin. Cela aurait été la solution pessimiste. En fait nous avons été réaliste, comme nous y avait invité François Fénéon dans son intervention. Il est vrai que nous ne pouvons pas faire de grands projets, il nous fallait faire quelque chose en fonction de nos forces. Je crois que le résultat tient compte de cela.
Notre Assemblée a eu le caractère de la franchise et de la clarté. Aucun sujet n'a été écarté, nous avons eu la liberté d'apporter tous les soucis qui étaient les nôtres ou ceux des confrères que nous représentions.
Notre Assemblée a été consensuelle. Nous avons trouvé une certaine unanimité pour choisir les projets à réaliser durant les 6 années à venir. Cela a beaucoup facilité le travail des 24 membres de l'Assemblée, mais aussi, sans doute, celui des deux modérateurs.
Je dirai aussi que nous avons vécu 3 semaines de fraternité sma. Du doyen au benjamin, nous nous sommes sentis membres d'une même famille. Nous avions nos sensibilités propres, nous avions nos projets propres, mais tout cela s'est vécu dans une grande simplicité. C'est là, sans doute, un trait de notre identité sma.
Ici même, le 25 juin 2006, beaucoup parmi nous ont participé à la belle fête internationale du 150ème anniversaire de la SMA. Nous nous étions donné comme slogan "150 ans pour un avenir". Récemment, André Moriceau écrivait dans l'appel de l'Afrique que nous en étions à l'an un de notre avenir.
Nous pouvons dire aujourd'hui que l'avenir est là. Certainement, il n'est pas aussi flambant que lorsque nos confrères Christian Van Bunnen, Bernard Curutchet ou Joseph Hardy, nos jubilaires de ces jours-ci, étaient ordonnés prêtres. Mais nous avons envisagé l'avenir avec optimisme. Nous ne sommes pas encore gâteux, mais, il faut rester réaliste, nous devons ralentir nos projets car nous n'avons plus la fougue et les forces d'autrefois.
Dans nos projets, des constantes demeurent. La passion pour la Mission par exemple. Cela doit nous réjouir, car lorsque cette passion s'affadira, nous n'aurons plus de raison d'être. Nous avons fait un défi sur notre Mission en Afrique qui reste notre priorité, mais aussi sur notre Mission en Europe.
Je pense à nos jeunes confrères de la Province. Ils étaient deux à cette Assemblée. Je ne voudrais pas que leur dynamisme soit diminué par nos décisions qui tiennent compte de nos possibilités en baisse. Je voudrais au contraire qu'ils soient des missionnaires qui donnent cent pour cent de leur énergie et de leur foi. Notre rôle d'ancien doit être attentifs à cela. J'espère que le Conseil saura aider ces confrères à maintenir en eux la flamme des jeunes missionnaires.
Au moment de mon élection comme provincial, vous avez été nombreux à me dire : "On est avec toi, tu peux compter sur nous !" Cela m'a fait chaud au cœur. Et maintenant je vous rappelle ces paroles. Oui !Je compte sur vous ! Oui ! Nous, le Conseil, nous comptons sur vous ! Nous le savons tous, la vitalité d'une Province est entre les mains de tous. Nous nous sommes donné un programme pour les 6 années à venir. Ce programme peut rester lettre morte. Mais il peut être aussi une source de vie si, chacun à sa place, le fait sien et cherche ce qui lui est possible de faire pour apporter sa pierre à cette Mission qui est la nôtre. Je compte donc sur vous pour aller dire à chacun des confrères ce que nous avons rêvé ici pour répondre à la Mission qui nous est confiée. Alors notre rêve pourra devenir réalité. Je sais que rien ne peut se réaliser sans l'aide du Seigneur, mais lui-même a besoin de chaque confrère pour que son règne vienne dans notre monde et spécialement auprès des Africains.[...] (extraits du discours de clôture)
Pierre Richaud, Provincial des Missions Africaines, Province de Lyon